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La voie en soi

— Être à l’écoute, pour accompagner sans interférer

Après des années à travailler avec des groupes, j’ai commencé à offrir des rencontres individuelles parce que les gens sont venus me voir et me l’ont demandé.

Au tout début, une résistance demeurait : « Pourquoi moi ? » Mais j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas de « moi » mais de « ce qui passait au travers du canal que je suis ». À travers le miroir de leur demande, j’ai compris qu’on commençait à voir ce « vrai moi », celui qui laisse passer…

En effet, des synchronicités survenaient afin que j’actualise dans le monde les perles trouvées lors de mes voyages. À travers différentes cultures et pays, tant européens que du sud, j’avais rencontré différents guérisseurs, chamans, peuples de tribus païennes – bref, des gens qui étaient tout simplement eux-mêmes, qui vivaient dans leur profondeur, en reliance directe à la terre, à l’univers, sans apparat de rituel religieux. Une reliance intégrée.

À cette période de ma vie, j’avais éprouvé un grand soulagement de pouvoir vivre du quotidien auprès d’eux, de m’assoir, de manger, de marcher à leur côtés, car enfin, je me sentais normale !

Des voiles se levaient, et le contact avec chacun d’entre eux activait des mémoires. Je comprenais que je n’avais pas besoin de formation extérieure pour m’accréditer à être ce canal de Vie. La technique et le savoir étaient déjà là, au fond de moi… Mon écoute se précisait, et j’actualisais cette sagesse pour la renouveler à la fréquence d’aujourd’hui.

accompagnement

Ce que l’on trouve si merveilleux dans ces êtres aux habits exotiques réside en fait au fond de chacun d’entre nous.

Alors ! Une fois que j’ai accepté de m’offrir au monde et de répondre à l’appel d’accompagner des êtres sur leur chemin de vie, plusieurs ont tenté de me convaincre d’avoir un « cover » sécurisant… « Va te chercher un diplôme, une formation, il te faut un papier, il te faut une interface, il te faut ceci ou cela. »

Dans le fond, ça voulait dire « Tu ne peux pas juste être toi »…

J’ai passé la première partie de ma vie à valider mon existence et à me créer une identité en allant à l’école. J’ai étudié dans la voie la plus marginale que j’ai pu trouver, mais ça n’a jamais satisfait l’élan que j’avais eu dès mes 3 ans, qui était de créer une école en nature et de danser les étoiles.

J’ai excellé à l’université au point de poursuivre jusqu’à la maitrise, et au final, ça ne change rien… Je ne me sens pas plus en sécurité, ni plus assurée d’être ce canal de vie avec des diplômes.

Durant mes voyages, à chaque rencontre avec chacun de ces êtres, des mémoires s’activaient, des interdits se levaient et cette formation, je l’ai donc eue sur le terrain.

Puis, j’ai appris à laisser couler… sans laisser interférer ni les filtres intérieurs, ni les influences extérieures.

En fait, ces gens qui me parlaient de diplômes venaient me tester, à savoir si j’allais flancher pour aller chercher une reconnaissance à l’extérieur, ou m’assumer, à 100%.

Et bien le jour où j’ai complètement assumé, plus personne ne m’a demandé quels étaient mes formations, pis mes diplômes…

Ils ressentaient.

Très vite, ceux qui me consultaient ont commencé à me référer en disant poétiquement : « On ne sait pas ce qu’elle fait, mais ça marche ! Il y a réponse à tout.  »Ou encore, chez ceux qui venaient sans être référés : «  J’ai ressenti un appel de te voir, alors je suis là et je ne sais pas pourquoi. »

Je vous le dis, car ce n’est pas arrivé une seule, mais DES fois !

Marjorie Gignac - la voie en soi

C’est une clef essentielle, de comprendre qu’une consultation privée, c’est une rencontre sacrée entre des êtres qui veulent se jaser et s’échanger des outils pour évoluer… Et ceci, le mental ne peut pas le prévoir, ni le nommer ; et un diplôme n’est pas synonyme de rencontre sacrée garantie !

Alors avec l’expérience qui grandissait, j’ai créé une structure pour que ça coule encore plus… J’ai cadré l’offre sous l’égide du « Soin de l’Être ». La subtilité du titre, c’est que c’est l’Être qui offre le soin, c’est l’Être qui agit et non moi, Marjorie, qui emploie une technique qui se nomme le Soin de l’Être.

À la même époque, j’ai cessé de « donner des soins », pour dire que je « recevais le soin pour quelqu’un ». La nuance est importante à mon cœur, car le seul fait de changer de vocabulaire invoque une disposition intérieure complètement différente.

Le fait qu’un thérapeute « donne un soin » peut par exemple faire interférence entre le patient et son âme en encourageant, volontairement ou inconsciemment, une énergie à entrer en lui. Même avec toute sa bienveillance, le thérapeute est souvent en train d’imposer malgré lui quelque chose qui éloigne le client du chemin désiré par son âme. L’énergie qui coule en l’autre, qui est donnée et orientée de façon « yang », directive, peut être teintée par le filtre mental et personnel du thérapeute.

Dans l’approche de « recevoir le soin pour quelqu’un », il n’y a rien à chercher, ou à réparer. Ici, je me sens détachée de ce qu’il y a à faire et même de tous les conseils qu’il serait possible de donner. Volontairement, je garde la langue en dedans ! J’écoute, sans chercher à résoudre, ni même à corriger.

Dans ce contexte, je vois très clairement le mental qui cherche à donner le bon exercice pour guérir la maladie de l’autre, ou la bonne respiration, ou le bon toucher, ou la juste circulation énergétique… Alors plus ça veut en moi, plus j’écoute, pour ne plus rien vouloir. J’entre de plus en plus dans l’espace du vide, entre les deux battements de la respiration qui s’allonge.

Ainsi, je me préserve de toute tentative d’opérer une « guérison », sachant que ce mal à guérir est porteur d’une signification profonde, d’un trésor à révéler. Par un accueil total de ce « mal » porteur d’un message évolutif, je lui laisse toute la place pour s’exprimer et se résoudre de lui-même, pour que celui qui reçoit puisse intégrer le sens réel de son mal.

accompagnement sans interférence

C’est cette prédisposition intérieure qui est nécessaire pour que l’Être offre son soin et amène celui qui le reçoit à se reconnaître et à se reconstruire dans sa totalité.

Et c’est en cela que je peux dire que le thérapeute ne donne pas, mais qu’il reçoit, au même titre que celui qui consulte. Il ouvre la porte à l’énergie de Vie et protège l’espace. Face à son miroir, le thérapeute corrige son propre système en même temps qu’il est l’agent corrigeant.

« Il est un canal de Vie. »

Alors vu que tout ceci est à propos de « moi », je guéris par le fait même quelque chose en moi.

Et ça, c’est bien vrai ! Plus jeune à l’adolescence, j’ai connu agressions et abus sur bien des niveaux. Des enjeux de santé s’en sont suivi. Pendant des années, j’ai cherché partout l’avis d’experts de toutes disciplines, du médecin traditionnel à l’ostéopathe, au praticien de shiatsu, etc. Chacun avait son diagnostic, son avis, ses conseils. Ils soulageaient ma souffrance, mais c’était toujours à recommencer.

Jusqu’au jour où j’ai clairement entendu la voix : « Qu’est-ce que tu es venue vivre ici sur Terre ? ». Boom ! Je me suis levée de la table à massage et je suis partie avant la fin. Je ne tolérais plus les doigts de l’autre sur mon dos…

J’ai cessé d’aller voir des gens pour commencer à écouter mon corps, en toute intimité, en complicité avec lui. Par intuition, j’ai découvert les informations pour m’auto-guérir. J’ai vu que la clef de la santé, je la possédais déjà…

Ce fut l’impulsion pour me mettre en mouvement, pour suivre le fil intérieur.

Et c’est ainsi que les voyages ont commencé…

La voie en soi
Marjorie Gignac
Texte /
5 avril 2021 / lecture de 9 minutes