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Publié
22 mars 2021
Temps de lecture
8 minutes

Ode au souffle

Inspire, expire.
Encore.
Dans cette danse entre le tangible et l’invisible,
Entre la conscience et la matière,
De toute mon âme, je m’incline face au souffle.
Trame sonore de notre vie.
Inspire, Expire, et encore.
Quoi d’autre ?

Alors que les mots défilent de ton écran à ton cerveau, je t’invite à pratiquer la présence à ton souffle tout au long de l’article.

Les questions résonnent en moi :

Et si chaque inspire est l’opportunité de recevoir la vie, de dire oui à la vie…
Et si chaque expire est l’opportunité de se faire recevoir par la vie, en confiance, en lâchant-prise…?
Comment je me permets de respirer ?
Quelles sont mes résistances à vivre ?
Quelles parties de moi je juge inadéquates au souffle, à la vie ?
Tout cela influence non seulement notre façon de vivre, mais notre façon de respirer.

Je me souviens de ma mère riant de moi la bouche ouverte à respirer. Puis les 9 ans de nage synchronisée qui m’enseignait à retenir mon souffle pendant l’effort. Et ces moments ou je réalisais que j’avais l’impression de ne pas avoir respiré pendant les 5 dernières minutes.

retenir son souffle

Après ces prises de conscience, je me suis questionnée :

Pourquoi ne respirons-nous pas pleinement ?

Il y a plusieurs raisons valables à cela, quoi qu’il n’est pas essentiel de comprendre et de savoir le pourquoi du comment pour commencer à mieux respirer…

Après réflexion, j’en suis venue à déduire ceci :

Lorsque nous sommes bébés, nous commençons à discerner ce qui est « bon et mauvais », à travers la vérité de notre famille, nos ami.e.s, la société, etc.

Nous en venons à croire que certaines parties de nous ou certaines façons d’être ne méritent pas de vivre : de façon consciente et inconsciente, nous nous dissocions de certaines parties de nous-même (physique, mental, émotionnel). Nous ne sommes pas éduqués à accueillir, exprimer et transformer, alors nous en venons à essayer de contrôler, d’enfouir, d’engourdir, de ne pas ressentir ces parties.

« Mon ventre devrait être plat, je le rentre et je ne respire pas avec. Ma voix dérange, je n’exprime pas ma vérité pour ne pas déranger, je ne respire plus avec mon cou. Etc. »

Nous marchons comme des êtres démembrés…

Aussi, certaines expériences traumatisantes s’ancrent en tant que mémoires dans notre être. Chaque fois que nous revivons une expérience ou une rencontre avec une personne similaire, nous répondons par la même réaction (qui est souvent de bloquer le souffle).

Nous entrons en mode de survie. Le présent est envahi par des réactions reliées au passé. Jusqu’à ce que nous saisissions l’opportunité de transformer notre réaction et d’utiliser la situation pour respirer autrement, pour calmer le système nerveux face aux stimuli : et ainsi, nous libérer de nos chaînes de réactions.

Pour moi, le souffle est la clé pour retisser la conscience entre nos parties. Je pratique encore avec persistance la connexion de mon bas du ventre à mon cœur.

Ce n’est pourtant que vers le début de la vingtaine, suite à des commotions cérébrales qui m’ont menées dans un « non-choix » d’éveil de conscience et de chemin de guérison, que je me suis mise à investiguer le souffle. Ce mystère qui nous garde en vie.

Je me rendais compte que j’étais, depuis aussi longtemps que je me souvienne, en mode survie. Incapable de simplement être dans le moment. La compassion et l’accueil de la réalité sont essentiels pour être capable de transformer… (et j’avoue que parfois c’est un peu comme une claque en plein face…).

J’ai exploré plusieurs chemins : yoga, pranayama, méditation, sexualité consciente, empuissancement féminin, chi gong, danse, sexualité sacrée, tantra, massage, et finalement, ce qui m’a ouvert la porte à une intimité profonde avec mon souffle : le Breathwave.

breathwave

Une technique simple et tellement puissante, une respiration consciente et connectée ; elle crée un vortex d’énergie qui entraîne chaque partie du corps à respirer.

Après une formation bien complète au Costa Rica et un an de pratique quotidienne, je me sentais prête à partager cette technique en version atelier.

Et j’ai appris de plus en plus en observant l’expérience de plusieurs.

Dans cette simple et complexe danse humaine, ce qui est le plus important selon moi, c’est de se souvenir :

Le blocage du souffle, conscient ou inconscient, est créé par des émotions non-libérées : stress, peur, anxiété, etc. Cela apporte des déséquilibres et des maladies. Les parties de nous qui ne respirent pas bien, ou ne respirent plus, deviennent endormies, nous n’y apportons plus de conscience ni d’oxygène : et quand nous n’y sommes plus, d’autres choses y viennent, comme des maladies.

En pratiquant une respiration nourrissante, en cultivant un ressenti de confiance et d’appartenance, nous nous réappropriont la liberté de vivre et de nous incarner pleinement. Nous parvenons à répondre aux situations avec un système nerveux calme et un esprit centré au lieu d’y réagir.

La liberté, de se donner le droit à la vie peu importe la situation.

À partir d’un espace connecté au souffle, nous prenons des décisions souveraines. Nous restons dans le moment présent et nous nourrissons d’oxygène chaque cellule du corps.

Cette découverte, ainsi qu’un prof de yoga bien spécial, Shankara Darby, m’ont aidés à amener mon yoga à un autre niveau. Les asanas sont devenus des explorations de ce souffle plein dans différentes positions, différentes relations à la gravité. Ce qui permet de garder cette connexion à la vie peu importe la posture dans laquelle la vie nous place.

Grâce à cette dévotion au souffle, il s’est révélé de plus en plus intime et vital.

En transformant ma relation au souffle, j’ai transformé et je continue de transformer ma vie.

Au-delà de la technique, cet outil puissant nous donne le pouvoir d’approfondir et de donner plus de sens à toutes les autres pratiques de conscience.

Notre plus grand allié, la seule relation qui reste avec nous, du moment de notre naissance à notre mort. Notre relation la plus intime avec la vie. Pourtant, on l’oublie, on le prend pour acquis, on le néglige.

C’est peut-être simplement le reflet de notre amour-propre et de notre relation à la vie elle-même.

Avec la pratique et la conscience, j’accueille avec de plus en plus de compassion ces espaces internes que j’empêche de respirer, me permettant, avec douceur, de respirer de plus en plus.

En toute humilité face à ce besoin humain, qui nous connecte de façon profonde et inexplicable. Au-delà de notre couleur, de notre forme, de notre statut, notre droit à respirer est égal et intime à chacun.

Je prie de toute âme que nous trouvions la dignité et le courage de respirer pleinement, que nous nous souvenions de l’importance du souffle et de l’air, et que nous retrouvions la façon de cultiver et de protéger notre précieux air.

Je nous souhaite aussi, de respirer avec tous ceux qui nous entourent et de cultiver la compassion pour notre humanité.

À la respiration, qui nous connecte de façon inexplicable à tout ce qui est vivant.

Inspire,
Expire
et encore,
Le monde se tisse de ton souffle.

Jusqu’à quelle profondeur es-tu prêt.e à dire oui à la vie, au souffle ?

Namaste

Crédits photos : Ryan Christodoulou, Steve Halama, Jared Rice


Amélie Dubuc
Texte /
22 mars 2021 / lecture de 8 minutes
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